Les premiers avis sur Springsteen : Deliver Me from Nowhere, le biopic consacré à la légende du rock Bruce Springsteen, viennent de tomber.
Le petit dernier de la grande ère des biopics musicaux ne va pas tarder à faire son arriver sur les écrans. Springsteen : Deliver Me from Nowhere, consacré au légendaire chanteur américain Bruce Springsteen et à la composition de son album Nebraska, est le nouveau film réalisé par Scott Cooper.
Si ce n’est pas la première fois que Scott Cooper s’aventure dans une histoire de musique, puisque dans Crazy Heart, Jeff Bridges incarnait une star de la country (avec un Oscar à la clé), ce n’est pas non plus la première fois qu’il s’essaye au film biographique. En 2015 sortait son Strictly Criminal, qui racontait la vie du gangster James J. Bulger.
En revanche, c’est bien la première fois que le réalisateur, versé dans le genre (que ce soit le thriller avec Les Brasiers de la colère, le western avec Hostiles ou l’horreur avec Affamés ou The Pale Blue Eye), donne dans le biopic académique consacré à une icône. L’icône en question (Springsteen, donc) est campée par Jeremy Allen White, héros de The Bear. A ses côtes, Jeremy Strong incarne le manager John Landau. Portrait habité ou résumé de vie insipide ? La presse américaine, qui a vu le film, est là pour nous le dire.
“Pour un film qui parle au moins en partie de musique, Deliver Me from Nowhere fait un bel usage du silence, notamment dans les moments où Springsteen perd l’inspiration et se retrouve à la dérive.”
Steve Pond, The Wrap
“Les films sur la dépression sont durs, mais les fans [de Springsteen] investis dans cette histoire de transition cathartique à la fois artistique et personnelle en auront pour leur argent.”
David Rooney, The Hollywood Reporter
“Même si le film n’atteint pas la virtuosité de l’album “Nebraska”, l’approche à rebrousse-poil de Cooper offre une parade rafraîchissante à la formule rabâchée du biopic musical, ainsi qu’une exploration sombre mais émouvante d’un artiste en crise.”
Will Mavity, Next Best Picture
“Cooper n’essaye pas de passer de la brosse à reluire. Il autorise cette superstar à être imparfaite et esquintée, mais pas d’une façon facile et mélodramatique, plutôt d’une façon qui permet de s’identifier et donne la force de croire en la possibilité de demander à se faire aider. Springsteen devient aussi brut et authentique que les personnages de ses chansons.”
Robert Daniels, RogerEbert.com
“Il y a un passage entre [Stephen] Graham et White, dans l’acte final, qui sera difficile à oublier. Un moment à la réalisation magistrale incarné avec la plus grande humanité possible. Si bien qu’il aurait presque fallu que le film se termine là-dessus.”
Gregory Elwood, The Playlist
“Le film de Cooper se voudrait le “Nebraska” des biopics de rock, mais il lui manque la subtilité nécessaire pour saisir l’essence de ce son et la retranscrire dans la formule d’un biopic commercial. En ce sens, au moins, le film n’articule que trop bien à quel point il peut être difficile d’avancer quand quelque chose nous retient.”
David Ehrlich, IndieWire
“Cooper fait le choix très judicieux de s’attaquer à la légende de Bruce en se concentrant sur l’échelle humaine et les éléments concrets. Même si les spectateurs auront droit à quelques tubes, c’est le personnage qui reste la ligne de mire.”
Dan Mecca, The Film Stage
“L’aspect technique n’a rien d’aussi spectaculaire qu’on voudrait bien nous le faire croire, et il n’y a que peu d’intérêt à regarder White se frayer un chemin au travers du récit de la première grosse dépression de l’icône du rock. Sauf lorsque l’on sait à quel point cet album a compté pour les générations suivantes de musiciens, et pourquoi.”
Peter Debruge, Variety
Chose assez étonnante : peu d’avis nets et tranchés émergent de ces extraits de critique. Personne ne semble ni dithyrambique ni profondément déçu : chaque critique semble trouver, dans le film, des raisons d’être (parfois profondément) ému, tout en s’accordant sur le fait qu'il fait pâle figure en tant qu’objet artistique aux côtés de l’album auquel il rend hommage.
Les avis varient également entre ceux qui estiment que Scott Cooper a su s’affranchir de la formule Wikipédia classique et inintéressante de beaucoup de biopics, et ceux qui trouvent, au contraire, que Deliver Me from Nowhere ne renouvelle pas le genre. Alors, on se trouve où, sur l’échelle d’Un Parfait Inconnu ? Pour se faire son propre avis, tout en nuance ou pas, rendez-vous en salles le 22 octobre 2025.
2025-09-02T05:21:27Z